{"id":1086,"date":"2026-05-30T15:20:52","date_gmt":"2026-05-30T13:20:52","guid":{"rendered":"https:\/\/fr.13emregion.com\/?p=1086"},"modified":"2026-05-30T15:20:52","modified_gmt":"2026-05-30T13:20:52","slug":"festival-de-khouribga-depuis-49-ans-lafrique-continue-de-lutter-pour-le-droit-detre-vue-telle-quelle-est","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fr.13emregion.com\/index.php\/2026\/05\/30\/festival-de-khouribga-depuis-49-ans-lafrique-continue-de-lutter-pour-le-droit-detre-vue-telle-quelle-est\/","title":{"rendered":"Festival de Khouribga : depuis 49 ans, l\u2019Afrique continue de lutter pour le droit d\u2019\u00eatre vue telle qu\u2019elle est."},"content":{"rendered":"<p class=\"isSelectedEnd\" style=\"text-align: justify;\">\u00c0 l\u2019heure o\u00f9 les mutations num\u00e9riques redessinent les modes de production, de diffusion et de r\u00e9ception des \u0153uvres cin\u00e9matographiques, le Festival International du Cin\u00e9ma Africain de Khouribga continue d\u2019occuper une place singuli\u00e8re dans le paysage culturel du continent. Pour le po\u00e8te et critique d\u2019art <strong>Boughjem\u00e2a El Aoufi<\/strong>, cet \u00e9v\u00e9nement d\u00e9passe largement le cadre d\u2019une simple manifestation d\u00e9di\u00e9e au septi\u00e8me art. Il constitue avant tout un projet culturel et civilisationnel qui, depuis sa cr\u00e9ation en 1977, a transform\u00e9 Khouribga en une capitale symbolique du cin\u00e9ma africain et en un espace de dialogue entre les m\u00e9moires, les imaginaires et les aspirations des peuples du continent.<\/p>\n<p class=\"isSelectedEnd\" style=\"text-align: justify;\">Dans sa lecture critique, Boughjem\u00e2a El Aoufi consid\u00e8re que la vingt-sixi\u00e8me \u00e9dition du festival, qui co\u00efncide avec le quarante-neuvi\u00e8me anniversaire de sa fondation, repr\u00e9sente bien davantage qu\u2019une c\u00e9l\u00e9bration institutionnelle. Elle t\u00e9moigne d\u2019un long processus d\u2019accumulation culturelle, intellectuelle et esth\u00e9tique \u00e0 travers lequel le festival a accompagn\u00e9 les \u00e9volutions du cin\u00e9ma africain et les transformations profondes des soci\u00e9t\u00e9s du continent. Derri\u00e8re chaque \u00e9dition se dessine ainsi une m\u00e9moire collective qui raconte l\u2019Afrique \u00e0 travers ses propres images, ses propres r\u00e9cits et ses propres interrogations.<\/p>\n<p class=\"isSelectedEnd\" style=\"text-align: justify;\">Selon le critique, la force du Festival de Khouribga r\u00e9side pr\u00e9cis\u00e9ment dans sa capacit\u00e9 \u00e0 avoir r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 la logique de l\u2019\u00e9v\u00e9nementiel \u00e9ph\u00e9m\u00e8re. L\u00e0 o\u00f9 de nombreuses manifestations culturelles se contentent d\u2019une visibilit\u00e9 m\u00e9diatique ponctuelle, le festival marocain a progressivement construit une v\u00e9ritable institution culturelle, fid\u00e8le \u00e0 une vision qui place le cin\u00e9ma au c\u0153ur des enjeux de connaissance, de m\u00e9moire et de dialogue interculturel.<\/p>\n<p class=\"isSelectedEnd\" style=\"text-align: justify;\">Boughjem\u00e2a El Aoufi souligne que Khouribga n\u2019est plus seulement une ville accueillant un festival. Elle est devenue, au fil du temps, un laboratoire culturel o\u00f9 se croisent cin\u00e9astes, critiques, chercheurs et publics venus de diff\u00e9rentes r\u00e9gions d\u2019Afrique. Dans cet espace, le cin\u00e9ma cesse d\u2019\u00eatre un simple objet de divertissement pour devenir un outil de r\u00e9flexion sur les r\u00e9alit\u00e9s sociales, politiques et humaines qui traversent les soci\u00e9t\u00e9s africaines contemporaines.<\/p>\n<p class=\"isSelectedEnd\" style=\"text-align: justify;\">Cette philosophie se retrouve dans la programmation de la vingt-sixi\u00e8me \u00e9dition. Les comp\u00e9titions officielles d\u00e9di\u00e9es aux longs et courts m\u00e9trages offrent un panorama particuli\u00e8rement riche des nouvelles productions africaines. Pour Boughjem\u00e2a El Aoufi, ces \u0153uvres t\u00e9moignent de la vitalit\u00e9 d\u2019un cin\u00e9ma qui ne se contente plus de repr\u00e9senter l\u2019Afrique, mais qui interroge ses mutations, ses contradictions et ses aspirations profondes. Elles r\u00e9v\u00e8lent \u00e9galement l\u2019\u00e9mergence d\u2019une \u00e9criture cin\u00e9matographique de plus en plus affirm\u00e9e, capable de d\u00e9velopper ses propres langages visuels et narratifs.<\/p>\n<p class=\"isSelectedEnd\" style=\"text-align: justify;\">Le critique accorde \u00e9galement une attention particuli\u00e8re \u00e0 la composition des jurys. Il y voit l\u2019expression d\u2019une volont\u00e9 de pluralisme intellectuel et esth\u00e9tique. La pr\u00e9sence de personnalit\u00e9s issues de diff\u00e9rents pays et horizons culturels traduit, selon lui, l\u2019ambition du festival de faire du jugement artistique un espace de dialogue plut\u00f4t qu\u2019un simple exercice de s\u00e9lection. Cette diversit\u00e9 des regards participe \u00e0 la richesse des \u00e9changes et renforce la dimension panafricaine de la manifestation.<\/p>\n<p class=\"isSelectedEnd\" style=\"text-align: justify;\">Mais pour Boughjem\u00e2a El Aoufi, l\u2019importance du Festival de Khouribga ne se mesure pas uniquement \u00e0 travers les films projet\u00e9s. Elle r\u00e9side \u00e9galement dans les espaces de r\u00e9flexion qu\u2019il ouvre autour des grandes questions qui traversent aujourd\u2019hui le cin\u00e9ma africain. Les conf\u00e9rences, tables rondes et rencontres professionnelles permettent ainsi d\u2019aborder des enjeux essentiels tels que la r\u00e9volution num\u00e9rique, la circulation des \u0153uvres, les nouvelles formes de diffusion, les d\u00e9fis du financement ou encore la construction d\u2019une identit\u00e9 visuelle africaine dans un environnement mondialis\u00e9.<\/p>\n<p class=\"isSelectedEnd\" style=\"text-align: justify;\">Cette dimension intellectuelle conf\u00e8re au festival une port\u00e9e particuli\u00e8re. Dans un monde o\u00f9 l\u2019image est devenue un enjeu strat\u00e9gique majeur, Boughjem\u00e2a El Aoufi estime que le cin\u00e9ma africain est confront\u00e9 \u00e0 une interrogation fondamentale : comment pr\u00e9server sa singularit\u00e9 culturelle tout en participant aux dynamiques globales de l\u2019industrie audiovisuelle ? En posant cette question, le festival d\u00e9passe le pr\u00e9sent pour r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 l\u2019avenir m\u00eame de la cr\u00e9ation cin\u00e9matographique sur le continent.<\/p>\n<p class=\"isSelectedEnd\" style=\"text-align: justify;\">Le critique met \u00e9galement en avant l\u2019importance des ateliers de formation destin\u00e9s aux jeunes talents et aux professionnels. Pour lui, ces initiatives traduisent une vision \u00e0 long terme qui consid\u00e8re le cin\u00e9ma non seulement comme une \u0153uvre achev\u00e9e, mais aussi comme un processus d\u2019apprentissage, de transmission et de construction de comp\u00e9tences. Les formations consacr\u00e9es \u00e0 la r\u00e9alisation, au montage, \u00e0 la direction de la photographie ou encore aux nouveaux outils num\u00e9riques participent \u00e0 l\u2019\u00e9mergence d\u2019une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de cr\u00e9ateurs africains.<\/p>\n<p class=\"isSelectedEnd\" style=\"text-align: justify;\">Dans cette perspective, l\u2019atelier \u00ab Regards Jeunes, Talents de Demain \u00bb rev\u00eat une signification particuli\u00e8re. Il symbolise, selon Boughjem\u00e2a El Aoufi, la volont\u00e9 du festival de donner aux jeunes Africains les moyens de raconter eux-m\u00eames leurs histoires et de produire leurs propres repr\u00e9sentations du monde, loin des st\u00e9r\u00e9otypes longtemps impos\u00e9s de l\u2019ext\u00e9rieur.<\/p>\n<p class=\"isSelectedEnd\" style=\"text-align: justify;\">L\u2019une des dimensions les plus remarquables du festival demeure toutefois son engagement humain et social. Les projections organis\u00e9es au sein des \u00e9tablissements p\u00e9nitentiaires ainsi que les activit\u00e9s destin\u00e9es aux enfants et aux publics locaux t\u00e9moignent d\u2019une conception profond\u00e9ment d\u00e9mocratique de la culture. Pour Boughjem\u00e2a El Aoufi, le cin\u00e9ma ne doit pas \u00eatre r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 une \u00e9lite ; il constitue un droit culturel capable de cr\u00e9er du lien social, de stimuler l\u2019imaginaire et d\u2019ouvrir des horizons nouveaux aux populations les plus vuln\u00e9rables.<\/p>\n<p class=\"isSelectedEnd\" style=\"text-align: justify;\">Cette m\u00eame philosophie se retrouve dans les \u00ab Rencontres de Minuit \u00bb, devenues au fil des ann\u00e9es l\u2019un des moments embl\u00e9matiques du festival. Loin des protocoles officiels, ces espaces favorisent des \u00e9changes spontan\u00e9s entre artistes, intellectuels et spectateurs. Ils rappellent que le cin\u00e9ma existe autant dans les discussions qu\u2019il suscite que dans les images qu\u2019il projette.<\/p>\n<p class=\"isSelectedEnd\" style=\"text-align: justify;\">Au terme de son analyse, Boughjem\u00e2a El Aoufi consid\u00e8re que le Festival International du Cin\u00e9ma Africain de Khouribga a largement d\u00e9pass\u00e9 le statut de simple manifestation culturelle. Il est devenu une m\u00e9moire vivante du cin\u00e9ma africain, une institution de r\u00e9f\u00e9rence et une plateforme de d\u00e9fense de l\u2019image du continent sur la sc\u00e8ne internationale.<\/p>\n<p class=\"isSelectedEnd\" style=\"text-align: justify;\">\u00c0 travers pr\u00e8s d\u2019un demi-si\u00e8cle d\u2019existence, le festival a contribu\u00e9 \u00e0 faire de Khouribga une capitale symbolique du dialogue culturel africain. Il a surtout d\u00e9montr\u00e9 que le cin\u00e9ma peut \u00eatre bien plus qu\u2019un art de l\u2019image : un instrument de connaissance, un espace de r\u00e9sistance culturelle et un moyen pour les peuples de raconter eux-m\u00eames leur histoire.<\/p>\n<p class=\"isSelectedEnd\" style=\"text-align: justify;\">Derri\u00e8re la c\u00e9l\u00e9bration des films et des cr\u00e9ateurs se dessine ainsi une interrogation plus profonde que pose implicitement Boughjem\u00e2a El Aoufi : dans un monde domin\u00e9 par les industries globales de l\u2019image, les grands festivals africains constituent-ils encore les derniers espaces o\u00f9 l\u2019Afrique peut construire librement son propre r\u00e9cit visuel et d\u00e9fendre sa souverainet\u00e9 culturelle ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est peut-\u00eatre l\u00e0 que r\u00e9side la v\u00e9ritable port\u00e9e du Festival International du Cin\u00e9ma Africain de Khouribga : non pas seulement c\u00e9l\u00e9brer le cin\u00e9ma, mais permettre \u00e0 l\u2019Afrique de continuer \u00e0 se regarder, \u00e0 se comprendre et \u00e0 se raconter elle-m\u00eame.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 l\u2019heure o\u00f9 les mutations num\u00e9riques redessinent les modes de production, de diffusion et de r\u00e9ception des \u0153uvres cin\u00e9matographiques, le Festival International du Cin\u00e9ma Africain de Khouribga continue d\u2019occuper une place singuli\u00e8re dans le paysage culturel du continent. Pour le po\u00e8te et critique d\u2019art Boughjem\u00e2a El Aoufi, cet \u00e9v\u00e9nement d\u00e9passe largement le cadre d\u2019une simple [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":1087,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[48,43],"tags":[],"class_list":["post-1086","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-arts-et-patrimoine","category-societe-et-culture"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/fr.13emregion.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1086","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/fr.13emregion.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/fr.13emregion.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fr.13emregion.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fr.13emregion.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1086"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/fr.13emregion.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1086\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1088,"href":"https:\/\/fr.13emregion.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1086\/revisions\/1088"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fr.13emregion.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1087"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/fr.13emregion.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1086"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/fr.13emregion.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1086"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/fr.13emregion.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1086"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}